La boiterie

Je boite : comprendre pourquoi ma marche a changé

La boiterie n’est pas une maladie en soi, mais un symptôme !
C’est la réponse automatique de votre corps pour éviter une douleur ou compenser un manque de force. Quand on commence à boiter, c’est tout l’équilibre du corps qui est perturbé, du pied jusqu’au bas du dos.

Les symptômes : ce que vous ressentez au quotidien

La boiterie s’installe parfois si lentement qu’on ne s’en rend compte que lorsque l’entourage nous en fait la remarque. Voici les signes fréquents :

  • Le changement de démarche : « Je sens que je n’ai plus une marche normale, mon pas est plus court d’un côté. »
  • Le phénomène d’évitement : « Je boite dès que je pose le talon au sol, je cherche à passer le poids sur l’autre jambe le plus vite possible. »
  • Le manque de précision : « J’ai l’impression qu’on se cogne à la marche, mes pieds se touchent ou je bute contre des obstacles invisibles. »
  • La fatigue musculaire : « Je compense tellement sur ma jambe saine que j’ai fini par avoir mal au genou ou à la hanche de l’autre côté. »

Les causes possibles : pourquoi votre cheville craque ?

On distingue deux types de causes pour expliquer ce type de bruits articulaires.

Les causes intrinsèques qui représentent votre nature propre

  • L’architecture de vos pieds peut avoir une incidence sur votre positionnement et votre marche. Par exemple, si vous avez les pieds très creux ou, au contraire, plutôt plats, les axes de votre cheville sont modifiés. Cela peut forcer les tendons à frotter sur l’os, créant ce bruit de corde de guitare.
  • La génétique et la morphologie : certaines formes d’os (comme la malléole) sont plus saillantes et peuvent favoriser le ressaut des tendons.
  • Le chemin neurologique de vos mouvements : dans ce cas précis, le contrôle de votre cheville est un chemin qui part de l’articulation jusqu’au cerveau en passant par les ligaments, les muscles, les cartilages et les nerfs. Une atteinte quelle qu’elle soit du système nerveux (de la moëlle et des muscles jusqu’au cerveau) peut être à l’origine d’un dysfonctionnement. Chaque personne a sa propre instabilité, c’est la neuro signature.

Pourquoi est-ce que je boite ?

Les causes d’une boiterie sont variées et dépendent souvent de la zone qui « souffre ».

La boiterie de douleur (antalgique)

C’est la plus courante. Vous écourtez le temps d’appui sur le pied douloureux.

  • L’épine calcanéenne ou l’aponévrosite : une douleur vive sous le talon qui empêche de poser le pied normalement le matin.
  • L’hallux valgus (oignon) : la douleur au gros orteil modifie la propulsion du pas.
  • L’arthrose : le frottement osseux dans la cheville rend l’appui pénible.

La boiterie de faiblesse (déficit moteur)

Le pied ne répond plus correctement aux commandes du cerveau.

  • Le « steppage » : Le pied tombe et « claque » au sol car les muscles releveurs ne fonctionnent plus. On a l’impression que le pied « traîne ».
  • L’insuffisance du tendon d’Achille : On ne peut plus « pousser » sur le pied pour avancer, ce qui rend la marche saccadée. Il peut arriver qu’une rupture du tendon d’Achille soit passé inaperçue. Dans ce cas les orteils se rétractent car les tendons fléchisseurs des orteils compensent le traumatisme à la marche.

La boiterie de compensation (mécanique)

  • L’inégalité de longueur : si une jambe est légèrement plus courte (souvent suite à une fracture ou une prothèse), le bassin bascule et on boite.
  • La raideur articulaire : une cheville bloquée après une chirurgie ou un traumatisme oblige à contourner le mouvement naturel.

Les risques de ne pas traiter une boiterie

Le danger de la boiterie est l’effet « domino ». Parce que je compense pour protéger ma cheville, je vais surcharger :

  1. le genou opposé.
  2. le bassin.
  3. les vertèbres lombaires (mal de dos).

À terme, marcher avec une démarche modifiée use prématurément les autres articulations qui ne sont pas faites pour travailler de cette manière.

Les conseils de SOS Pied Cheville

Une boiterie n’est jamais une urgence. Il s’agit d’une consultation simple hors traumatisme. Néanmoins, il ne faut pas laisser une boiterie s’installer. Plus on attend, plus le cerveau « imprime » cette mauvaise marche, et plus la rééducation sera longue pour retrouver un pas fluide.

Quand consulter un spécialiste ?

Une boiterie qui dure plus de 15 jours sans amélioration nécessite un avis médical.

 Le bilan SOS PIED CHEVILLE :
Le premier geste pour une concultation est la radio en charge de type cone beam qui donne les meilleures précisions sur le positionnement du pied en action.

Une analyse de la marche est préconisée. Elle permet d’observer la phase d’attaque du talon, le passage du pas et la propulsion. Cela permet de déterminer immédiatement si le problème vient des os, des tendons ou d’un trouble neurologique.