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LES DIFFERENTS TRAITEMENTS DE L’ORTEIL EN GRIFFE

Les médicaments permettent de lutter contre la douleur. Il peut parfois être utile de réaiser un petit appareillage en silicone pour améliorer le chaussage

… et leurs limites

Dans certains cas les douleurs et la gene au chausage persistent d’orthèse. Si les traitements médicaux n’ont pas suffit à éliminer votre gêne et que vous avez des difficultés importantes à vous déplacer, une opération peut être envisagée quelque soit votre âge.

… et leurs limites

Il est rare qu’il ne soit pas possible d’opérer. Les seules vraies limites concernent les patients qui souffrent de certaines maladies (diabète sévère) ou qui ont une très mauvaise circulation sanguine. Dans ce dernier cas, il est parfois possible d’employer la chirurgie mini-invasive. Même si l’opération ne permet pas systématiquement d’éliminer complètement les douleurs, elle aboutit toujours à leur diminution.

Orteil en griffe : traitement par orthèse en silicone

Exemple d’orthèse en silicone

QUAND FAUT-IL OPERER UN ORTEIL EN GRIFFE ?

Si vous avez mal, que votre chaussage devient difficile, il faut sérieusement penser à l’opération.

QUELLES CONSÉQUENCES SI L’ON N’OPÈRE PAS L’ORTEIL EN GRIFFE?

La déformation va inéluctablement augmenter. La douleur va augmenter, rendant la marche et le chaussage de plus en plus difficiles.
Des troubles secondaires peuvent aussi apparaître tels que cor, durillon et infection.

L’OPÉRATION DE L’ORTEIL EN GRIFFE

Anesthésie
Une consultation préopératoire avec un médecin anesthésiste-réanimateur est obligatoire. Ce médecin vous expliquera, lors de cette consultation, les modalités et les choix possibles d’anesthésie adaptée à la chirurgie et à vos problèmes de santé. Il fera également le point sur vos traitements médicamenteux.

De nouveaux traitements pourront être mis en place, que cela soit avant ou après l’intervention. Les plus fréquemment utilisés sont des anticoagulants, des antibiotiques, des antalgiques, des anti-inflammatoires… Ils comportent bien sûr des risques spécifiques. L’anesthésie opératoire est le plus souvent loco-régionale (anesthésie englobant un segment de membre, de la jambe aux orteils) car c’est l’anesthésie la moins dangereuse et elle permet dans un grand nombre de cas d’avoir une action antidouleur extrêmement intéressante qui diminuera la prise de médicament.

Echographie pour suivi post-opératoire

Réalisation de l’anesthésie au bloc opératoire. L’équipe d’anesthésie de la Clinique du Sport de Bordeaux-Mérignac sont des experts reconnus dans l’anesthésie loco-régionale. Ils utilisent l’échographie qui sécurise grandement le geste. Certains membres de l’équipe sont également formés aux techniques d’hypnose.

Installation
Au bloc opératoire, vous serez installé à plat dos, parfois légèrement incliné vers le côté opposé à celui de l’opération. Les incisions sont variables selon les techniques, de plusieurs mini-incisions à une incision unique de quelques centimètres. Le recours à un garrot est habituel, pour interrompre temporairement l’arrivée de sang au niveau de la zone opératoire. Celui-ci peut être mis en place au niveau de la cuisse ou de la jambe. Les techniques chirurgicales sont nombreuses. Elles sont le plus souvent réalisées sous endoscopie (c’est à dire l’introduction d’une caméra dans votre corps). On diminue ainsi de façon très importante, le risque de complication. Quand cela n’est absolument pas possible, on réalise alors l’intervention à ciel ouvert (c’est à dire sous le contrôle de la vue). Lors de votre passage au bloc opératoire, ne vous étonnez pas si l’on vous demande plusieurs fois votre identité, le côté à opérer (à votre arrivée, lors de votre installation…) : c’est une procédure obligatoire pour tous les patients.

Un acte chirurgical n’est JAMAIS un acte anodin. Quelles que soient les précautions prises, le « risque zéro » n’existe pas. Lorsque vous décidez de vous faire opérer, vous devez en avoir conscience et mettre en balance les risques avec le bénéfice attendu d’une intervention (= balance bénéfice/risque). Nous sommes là pour vous aider et vous guider Malgré les compétences de votre chirurgien et de l’équipe qui vous prend en charge, tout traitement comporte malheureusement une part d’échec. Cet échec peut aller de la réapparition de symptômes à leurs aggravations ou à d’autres complications plus graves que l’on retrouve dans toute chirurgie. Ces complications peuvent être le fait du hasard, de la malchance mais peuvent aussi être favorisés par des problèmes de santé qui vous sont propres (connus ou non, locaux, généraux). C’est en grande partie pour cette raison que nous essayons dés que possible de réaliser votre chirurgie par voie endoscopique afin de diminuer les incisions faites au corps et par là-même de réduire au maximum les possibles complications.

L’ouverture
Nous privilégions toujours les techniques les moins invasives afin de diminuer le risque cicatriciel. Néanmoins, nous savons aujourd’hui que la chirurgie mini invasive n’est pas toujours applicable. Dans ce cas, votre chirurgien restera le plus apte à choisir le meilleur traitement pour vous.

Le geste
La correction chirurgicale a pour but de redresser l’orteil et d’éviter la récidive. Elle associe des gestes sur :

  • les tendons: par transfert tendineux en modifiant le lieu d’attachement d’un tendon, allongement en augmentant la longueur d’un tendon ou section des tendons.
  • les articulations et les os: par section des tissus entourant les articulations interphalangiennes et parfois réparation de la plaque plantaire des articulations métatarsophalangiennes, tissu qui protège la zone d’appui plantaire des articulations métatarsophalangiennes, raccourcissement des orteils, arthrodèse interphalangienne par blocage articulaire, ostéotomie phalangienne et/ou métatarsienne en modifiant la forme de l’os pour le réaligner. Des broches/vis métalliques peuvent être utiliser afin de maintenir l’orteil en bonne position.

Il existe ainsi de nombreuses façons de traiter l’orteil en griffe pour aboutir à un bon résultat. L’hyperspécialisation et la recherche clinique permettent, aujourd’hui, d’améliorer le résultat et le vécu de cette chirurgie de façon considérable.
Bien qu’il y aura toujours une amélioration avec une diminution des douleurs et de la gêne qu’occasionne l’orteil en griffe l’opération peut ne pas redresser complètement la déformation si il s’agit d’une forme très avancée.

Nous privilégions pour notre part depuis maintenant plus de 15 ans les traitements chirurgicaux les moins invasifs possible. Néanmoins, nous savons aujourd’hui que la chirurgie mini invasive n’est pas toujours applicable. Dans ce cas, votre chirurgien restera le plus apte à choisir le meilleur traitement pour vous.

Sur les tendons
Les ténotomies consistent à couper le ou les tendons rétractés, responsables de la déformation.

L’arthrolyse consiste à sectionner les tissus rétractés comme les capsules articulaires et les adhérences entourant les articulations métatarsophalangienne (MTP) et interphalangienne (IP) des orteils.

La réparation de la plaque plantaire quant à elle correspond à la réparation des structures plantaires de l’articulation métatarsophalangienne abîmées par la griffe d’orteil.

Orteil en griffe : traitement

Exemples de gestes sur les parties molles

  1. Ténotomie du tendon extenseur.
  2. Capsulotomie de la MTP.
  3. Capsulotomie de l’IP proximale.
  4. Ténotomie des tendons fléchisseurs.

Le transfert du long fléchisseur sur la phalange proximale consiste à modifier l’insertion de ce tendon, en l’attachant à la phalange proximale après avoir creusé un tunnel dans l’os.

Orteil en griffe : traitement

Exemple de transfert du long fléchisseur des orteils.

Le transfert du court fléchisseur sur le long fléchisseur permet d’allonger artificiellement le court fléchisseur et diminuer l’effet de flexion et donc de corriger la déformation en griffe.

Sur les articulations et les os

L’ostéotomie consiste à couper l’os afin de le repositionner et le faire consolider de façon à aligner l’orteil. Elle peut être réalisée sur les os des phalanges ou sur l’os métatarsien.

L’arthrodèse consiste à bloquer l’articulation interphalangienne en bonne position à l’aide d’un implant intra-osseux.

Orteil en griffe : traitement

Exemple d’arthrodèse de l’articulation interphalangienne proximale.

La résection des têtes métatarsiennes consiste à enlever la surface articulaire du métatarsien (la tête). Une cicatrisation par fibrose se créera ensuite entre le métatarsien et la base de la phalange.

Les amputations sont la solution ultime mais permettent en général un retour à l’appui complet et au chaussage normal assez rapidement. Elle ne sont envisagées que dans des cas très précis: griffes irréductibles, très rétractées, infectées ou chez des patients très fragiles.

La chirurgie de correction des griffes d’orteils est le plus souvent une association de ces différente techniques et dépend des causes de la déformation. Votre chirurgien vous informera sur la technique la plus adaptée à votre cas.

Les gestes associés
La chirurgie de correction des griffes d’orteils peut être associée à d’autres gestes dans le même temps opératoire, comme une correction d’hallux valgus par exemple.

La fermeture
Les plaies opératoires sont fermées à l’aide de fils résorbables. Il n’y a pas de points à retirer par la suite et le pansement reste en place jusqu’à la prochaine consultation, à 15 jours.

La durée de l’intervention
Le geste chirurgical est court. Sauf cas exceptionnel, la chirurgie des griffes d’orteils se déroule en ambulatoire. Vous pouvez donc regagner votre domicile le soir même.

Transfusion?
L’intervention chirurgicale est réalisée sous garrot afin de minimiser le risque de saignement. Aucune transfusion n’est nécessaire par la suite.

LES RISQUES DE L’ORTEIL EN GRIFFE

Notre équipe s’efforce d’entourer le geste de toutes les précautions possibles. Malheureusement des accidents peuvent survenir. Rassurez-vous, notre équipe de professionnels est en mesure de vous prendre en charge.

Pour en savoir plus
Les complications

LES SUITES D’UNE CHIRURGIE DE L’ORTEIL EN GRIFFE

Douleur
Chaque organisme perçoit différemment la douleur. Des traitements adaptés permettent de la contrôler. Si vous avez mal, n’hésitez pas à en parler à votre chirurgien, il existe toujours une solution.

Fonction
Tout de suite après l’opération, on vous met une chaussure spéciale à semelle rigide (chaussure de décharge) par-dessus le pansement. Grâce à cet équipement, vous pouvez sortir de l’hôpital en marchant.

Autonomie
Dès les premiers jours, vous pouvez vous déplacer seul(e) grâce à la chaussure de décharge.

Retour à domicile
Vous pouvez sortir le soir même de l’opération (hospitalisation ambulatoire) ou dans les 48 heures. Le chirurgien peut également prescrire des séances de rééducation avec un kinésithérapeute à partir de la troisième semaine après l’opération.

Principaux soins
Vous prenez des médicaments pour limiter la douleur. Ils vous sont prescrits à votre sortie de l’hôpital.

Certains patients sont particulièrement sensibles à la formation de bouchons de sang (caillots) dans les veines (phlébite). Pour eux, un traitement pour fluidifier le sang (anticoagulant) peut être utile.

Vous gardez la chaussure de décharge pendant trois à quatre semaines après l’opération pour vous aider à marcher.

L’avant-pied a tendance à gonfler suite à l’opération (œdème). Pour limiter ce phénomène, placez votre pied plus haut que votre cœur le plus souvent possible, notamment la nuit. Ne restez pas assis(e) ou debout sans mouvement pendant de longues périodes. Il est également conseillé de prendre de la vitamine C pour éviter des complications liées à ces gonflements.
Vous pouvez recommencer à marcher le plus rapidement possible, car c’est la marche qui permet la consolidation des os avec une bonne répartition du poids du corps sur le pied. De plus cela favorise la récupération et la diminution des œdèmes.

Le suivi
Le pansement doit être enlevé à 15 jours et vous aurez un rendez-vous au bout de six semaines. Il faut suivre rigoureusement les consignes de votre médecin, aller aux rendez-vous qu’il programme, et, s’il vous en propose, passer les examens de contrôle. C’est important.

LE RESULTAT

Douleur
Douleur et gonflement disparaissent lorsque la cassure est consolidée, c’est-à-dire entre quarante cinq jours et trois mois après l’opération.

Autonomie
Il faut protéger votre pied, c’est pourquoi l’arrêt de travail dure de six semaines à trois mois si votre activité professionnelle nécessite une station debout prolongée ou de longs trajets à pied. Vous pouvez recommencer la natation et le vélo après la troisième ou quatrième semaine. Nager est même vivement recommandé une fois la cicatrisation obtenue pour accélérer la récupération. Les sports nécessitant un contact sol pied (course à pied, tennis, football…) redeviennent possibles après environ quatre mois. Comptez six mois pour le marathon. Evitez de porter des chaussures de forme inadaptée, à talons de plus de 4 centimètres, ainsi que vos anciennes chaussures déformées. N’hésitez pas à interroger votre médecin si vous avez un doute sur les risques liés à l’une ou l’autre de vos activités.

Restez acteur de votre récupération post chirurgicale

Ensemble pour nos patients.

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