Douleurs chroniques de la cheville

Une douleur à la cheville qui dure…

Vous avez mal à la cheville depuis longtemps ? Est-ce une douleur chronique ? Comment comprendre cette douleur ?

Une douleur est dite chronique lorsqu’elle persiste plus de 3 mois après un traumatisme ou qu’elle s’installe progressivement dans le temps sans cause apparente. Contrairement à une entorse aiguë, la douleur chronique de cheville peut persister même après une période de repos simple. Elle nécessite un diagnostic précis pour dépister une usure prématurée de l’articulation.

Les symptômes : ce que vous ressentez et comment vous l’exprimez

La douleur chronique ne ressemble pas à une décharge électrique soudaine ; elle est souvent plus sournoise. Les patients que nous recevons en consultation utilisent souvent ces expressions :

  • Le « verrouillage » matinal : « Ma cheville est raide au réveil, il me faut 10 minutes de marche pour qu’elle se dérouille. »
  • La douleur de fin de journée : « Le matin ça va, mais le soir ma cheville est lourde, lancinante, et je dois l’élancer. »
  • L’appréhension : « Je n’ose plus marcher sur des terrains instables (herbe, pavés) de peur que ma cheville ‘lâche’ ou me fasse mal. »
  • Le gonflement (oedème) : « Ma cheville double de volume après une séance de sport ou une longue journée debout. »

Pourquoi ma cheville me fait-elle toujours mal ?

autres pathologies des tendons

Les causes d’une douleur qui dure sont multiples. On peut les classer en trois grandes familles :

Les causes mécaniques, dues à l’architecture même de vos pieds et l’usure qui a pu se produire en raison de la sollicitation intense ou pas de votre articulation.

  • L’arthrose de cheville : c’est l’usure du cartilage. Souvent suite à une ancienne fracture ou des entorses répétées, l’os frotte contre l’os (à l’image d’un pneu crevé d’une voiture qui roule donc sur la jante), créant une inflammation permanente.
  • Le conflit de cheville : il peut être antérieur (un petit bec osseux ou du tissu cicatriciel coince à l’avant de la cheville lors de la flexion) ou postérieur (créant une douleur à l’arrière, souvent chez les danseurs ou footballeurs).
  • La lésion du cartilage (lésion ostéochondrale) : il s’agit d’un petit « trou » ou un éclat dans le cartilage de l’astragale (le talus) qui ne guérit pas tout seul.

Les causes ligamentaires et tendineuses. C’est la question de la stabilité

  • L’instabilité chronique : elle est issue d’une entorse négligée le plus souvent, ou mal rééduquée, ce qui entraîne que les ligaments restent distendus. La cheville devenue trop laxe, « bouge » trop. Cela peut fatiguer les tendons et créer une douleur diffuse qui s’installe durablement.
  • La tendinite chronique : Le plus souvent, ce sont les tendons fibulaires (situés sur le côté extérieur) ou le tendon d’Achille qui sont inflammés.

Les causes « silencieuses », dues à votre morphologie et votre génétique

Car parfois la cause d’une douleur chronique ne fait pas suite à un accident mais vient de votre propre corps.

  • Le pied plat ou le pied creux : un mauvais alignement du talon crée des tensions anormales sur les ligaments et les tendons. À terme, cela déclenche une douleur chronique.
  • La génétique : une laxité naturelle, c’est-à-dire des ligaments trop souples, peut favoriser les micro-traumatismes et donc les douleurs.

 Les causes extérieures au pied

Car le chemin de la douleur part du pied jusqu’au cerveau (à l’image d’un train qui quitte la gare (le pied) et qui va jusqu’au gare d’arrivée (cerveau)

  • Au niveau de la jambe et de la colonne vertébrale : toutes les causes susceptibles d’irriter les nerfs comme la sciatique, les compressions des nerfs ou quand le nerf lui-même est malade (alcoolisme et diabète)
  • Au niveau du cerveau : les causes psychiatriques peuvent également générer de la douleur dans le cadre d’une conversion hystérique par exemple ou un sentiment de vécu négatif d’une pathologie (accident du travail…)

Que faire et quand consulter ?

Il est conseillé de prendre rendez-vous pour un bilan spécialisé si :

  1. La douleur vous oblige à prendre des anti-inflammatoires régulièrement.
  2. Vous avez dû arrêter ou réduire vos activités sportives.
  3. Votre cheville gonfle de manière systématique après l’effort.
  4. Vous ressentez des blocages ou des épisodes de dérobement.

L’examen clinique type : dans 80% des cas, un diagnostic est posé sur une simple radiographie en charge (debout). Pour les cas complexes, une IRM pourra être prescrite en complément mais jamais en première intention.

 



Le conseil de SOS Pied Cheville :

 Un très grand nombre de patients souffrant de douleurs chroniques pour des causes extérieures au pied, ont parfois du mal à comprendre ou à accepter que nous ne puissions pas trouver une solution acceptable.

Le déni d’une cause psychiatrique (souvent inconsciente) aboutit donc parfois à une relation conflictuelle avec le milieu médical. Attentif aux avis de nos patients auxquels nous répondons systématiquement, SOS Pied Cheville recommande à chacun de mesurer sa propre responsabilité personnelle vers la guérison.

Le dénigrement à l’égard des soignants qui font souvent le maximum dans la limite de leur expertise, ne résout malheureusement pas le problème. La confiance, l’écoute bienveillante et la communication restent au cœur des axes d’amélioration comme dans de nombreuses situations.